Comment prendre des décisions difficiles?

Décider fait de plus en plus partie de notre quotidien. Le monde occidental est devenu la société du choix de par la multitude d’offres et de possibilités qui s’offrent à nous. En soi, c’est une chance. Cependant, parfois choisir peut devenir pénible voire même agonisant. Avons-nous vraiment appris à gérer tous ces choix qui s’imposent à nous ? Sachant qu'aujourd’hui nous prenons environ 70 décisions par jour, sommes-nous vraiment dans l’opportunité ou dans la contrainte de cette liberté suprême qu’est de choisir ? En fait, le choix peut devenir l’opposé de la liberté lorsque nous n’y sommes pas préparés.


Qui n’a pas déjà ressenti cet inconfort irritant lorsque deux chemins s’offrent à nous, incapable de déterminer lequel sera LE bon chemin. Nous ressassons encore et encore nos options, nous allons chercher conseils chez nos amis, notre famille parfois même des professionnels et pourtant même avec toutes les informations et conseils du monde le choix semble impossible à faire. J’en vois même qui à force d’être dans l’hésitation, finalement ne font rien.


Nous connaissons tous des gens que nous considérons des « mauvais-décideurs ». Il peut nous sembler qu’ils n’ont pas de chance dans la vie ou qu’ils cherchent à se retrouver dans des situations difficiles. Mais en fait certaines personnes n’arrivent pas à faire des choix qui sont bons pour EUX. Ils prennent leur décision comme si il s'agissait d'un acte collectif. L’auto-sabotage est un phénomène plus courant qu’on ne le pense. J’en suis témoin de façon récurrente, faire des choix pour éviter de s’exposer à notre potentiel, fait PEUR. Pourtant, ce qui nous fait le plus peur va souvent produire le plus grand RÉSULTAT.


Pourquoi prendre une décision difficile est-il si compliqué ?


Nous avons aujourd’hui une vision mécanique du choix, comme si en additionnant des arguments d'un côté et de l'autre ils allaient devenir évidents. Hors nos besoins profonds et nos vrais désirs dérèglent ce mécanisme car ils bousculent ce qui nous semble être la décision la plus raisonnable et donc la "bonne" décision. Que nous ayons à choisir entre changer d’emploi, de maison, de ville, ou même de conjoint, nous savons que cela va changer le cours de notre vie. Ne voulant surtout pas nous tromper, nous prenons nos décisions comme si nous devions résoudre une équation.


Ruth Chang, philosophe américaine, expliquent qu'une décision facile est évidente lorsque ce que nous pesons sont des éléments quantifiables c’est-à-dire qu’ils sont MESURABLES. On sait que manger une pomme est meilleur que manger du gâteau. Il nous est possible de compter les valeurs nutritives de l’un et de l’autre. Par contre lorsque notre choix se porte sur des valeurs qualitatives autrement dit des valeurs HUMAINES, les choses tendent à se compliquer.


Force est de constater que pour éviter ce désagrément, nous intégrons rarement des éléments comme « C’est ce que je veux vraiment », « Je me sens bien lorsque je fais ceci ou cela », « Mon cœur, mon intuition me dit que c’est la meilleure option », « J’ai envie/besoin de le faire » dans notre liste de POUR ou CONTRE. Il nous appartient alors de donner une valeur ou du « poids » à ces arguments. Nous les réduisons trop souvent à des choses qui ne doivent pas ou peu être considéré car ils ne sont pas « SÛRS ».


Nous accordons donc moins de crédit aux SENTIMENTS que nous avons face à une option comparé à un élément disons plus de RAISON comme un meilleur salaire par exemple. Cependant si nous fixons nos envies, nos besoins, nos désirs comme des paramètres qui ont leur place dans notre processus de décision, cela ne change-t-il pas la perspective du futur que nous souhaitons ?


Un monde où il n'existerait que des choix faciles nous réduirait à un monde fait exclusivement de rationalité, monotone, où nous ne pourrions pas exercer notre POUVOIR IDENTITAIRE à travers des choix qui nous correspondent vraiment. Hors lorsque nous créons des raisons pour nous-mêmes à travers la détermination de ce qui est vraiment important pour nous, nous devenons les auteurs de notre propre vie. Les personnes qui n’utilisent pas leur pouvoir identitaire à travers leur choix « errent » dans leur environnement. Ils laissent les autres déterminer leurs futurs.


Mais alors comment décider pour soi? Voici quelques suggestions qui me semblent pertinentes :



Apprendre à connaître ses valeurs et les prioriser


La première fois que l’on m’a demandé quelles étaient mes valeurs, ma réponse fut aussi vide que ma réflexion à ce sujet. Alors que c’est un mot que nous utilisons régulièrement, nous n’en connaissons pas vraiment le sens…


En fait nos valeurs sont simplement les choses qui ont de l’importance pour nous. Plus nous avons conscience de nos valeurs plus nos attitudes et actions sont cohérentes. FAMILLE, AMOUR, TRAVAIL, JUSTICE, DECOUVERTE, REUSSITE, HONNETETE, CREATIVITE, SANTE, RESPECT… sont autant de valeurs qui peuvent diriger notre vie. En résumé ce sont un regroupement de nos idéaux et de nos motivations profondes qui donnent du sens à notre vie.


​Apprendre à connaître ses valeurs et leur donner un ordre de priorité nous permet d’en mesurer leur « poids » dans notre processus de décision. Par exemple, si j’hésite à accepter une promotion qui va me faire travailler 15h de plus par semaine mais que mes valeurs premières sont le TRAVAIL et la RÉUSSITE, il y a peu de chance que je regrette mon choix. Par contre si ma valeur première est la FAMILLE, il y a fort à parier que je me sente en conflit à un moment donné. C’est pour cela que les conseils des autres peuvent parfois se révéler parasitaires car ils n’ont PAS forcément les mêmes valeurs que nous.


La même chose est valable pour les organisations. Une entreprise qui ne donne pas de valeurs, de vision à son entreprise aura beaucoup de mal à prendre des décisions stratégiques en ligne avec l’idée, la raison d’être de l’entreprise. L’échec peut être un danger qui guette toute entreprise qui ne pose pas ce genre de fondation à son stade embryonnaire. Au même titre, que si vous travaillez pour une entreprise qui a des valeurs auxquelles vous n’adhérez pas, vous aurez du mal à prendre les décisions qui la mènera à la réussite et vous serez de toute façon probablement mal à l'aise d'y travailler tout court.



Accepter que choisir c’est aussi renoncer


Il est plus aisé de se lancer sur un chemin lorsque nous avons accepté de faire le deuil de l’autre chemin. Accepter et intégrer que l’on ne puisse pas tout avoir au même moment apaise notre esprit. Nous nous focalisons trop sur ce que nous allons PERDRE plutôt que sur ce que nous allons GAGNER. Nous nous laissons plus guider par nos peurs que par nos DÉSIRS. Repositionner votre perception dans l’indécision vous aidera à avancer plus sereinement.



Avoir confiance …



En soi, en la vie, en son intuition. En anglais nous disons « Take a leap of faith ». Prenez un risque même si vous avez peur et observer ce qu’il se passe. Dans la majorité des cas nos peurs ne se réalisent pas car nous avons cette faculté de nous créer les pires scénarios au lieu des meilleurs. Chez les grands « hésiteurs » leur capacité à trouver des solutions est extrêmement aiguisée. Et en fait même si un obstacle inattendu se trouve devant nous, nous le surmontons quasiment toujours. Alors arrêtez de nourrir le hamster qui tourne dans votre tête avec du pessimisme stérile. Accordez-vous un peu de confiance dans votre vie, il paraît que ça aide à être plus confiant !

Finalement les choix difficiles sont une opportunité pour célébrer notre condition humaine. C’est en eux que nous avons le pouvoir d’exercer notre pouvoir unique une fois que tous les arguments sont épuisés. C’est pourquoi les choix difficiles ne sont pas une malédiction mais une chance de révéler notre vrai couleur. Choisir c’est se définir.

Apprendre à prendre des bonnes décisions pour SOI, c’est une opportunité pour se connaître un peu plus. Quand on ne sait pas ce que l’on veut, ce qui nous animent, les autres décideront pour nous d’une façon ou d’une autre. Il est quasiment impossible de progresser vers la bonne destination si on ne sait pas quelle destination on veut atteindre. Alors apprenez à vous connaître d’abord pour savoir où vous voulez vraiment vous rendre dans votre vie. Respectez-vous dans vos choix, ils vous sembleront alors plus qu’évidents.


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